Jeudi 19 mars 2009
"Dans cet univers différent des autres, on me nomme Lailek. Un nom de l’ombre.
moi-même je ne sais pas d’où il vient. Et personne ne sait d’où vient ce nom. On me nomme assassine, car je tue. Sans relâche puisque c’est ma seule raison de vivre. On me nomme prêtresse du Dieu
du Mensonge, Korw, car je n’ai que lui comme famille, que ma foie comme chaleur.Mes souvenirs ? Je les ai perdus, comme j’ai perdu toute trace de ceux qui me mirent au monde, si tant est qu’ils aient existé un jour. Je ne me souviens pas non plus par qui je fut élevée. Je n’ai aucune mémoire. Je ne vois que mon Dieu, celui qui me guide, et qui m’élèvera jusqu’au pouvoir suprême de ce monde en décadence. Car un jour, je serais Impératrice. Je serais le pouvoir incarné sur l’empire de Kalamaï qui s’étend jusqu’à l’infini des terres, au-delà des océans. Je maîtriserais tout ces créatures rampantes que sont les humains, les orcs, les elfes indomptables, et tout les autres. J’asservirais ceux dont jadis on parlait avec respect et déférence. Tous seront à ma mercie.
Comment puis je en être si sure ? Korw me la promis. Je suis son enfant et lui obéis. C’est lui en réalité que je devrait appelé « père « . Qui m’a donné le goût du sang que j’apprécie tant. Lui qui a mis les premières armes entre mes mains et qui m’a montré comment faire de ces objets des sceptres de pouvoir. Lui qui à poussé ma main à commettre mon premier meurtre. Lui qui m’a vu grandir et qui m’a proposé, à moi, et à moi seule, d’être sa fille. Son essence.
Vous vous demanderez certainement comment puis je croire si fermement une promesse faite par le Dieu du Mensonge en personne ? Celui qui n’a pas de parole, qui ne s’exprime que par le doute, la peur et la souffrance…. Vous voulez que je vous le révèle ? Soit….
Je le crois, parce que j’ai appris son langage. Je sais lui parler et je le comprends. Moi aussi ne connaît que mensonge, traîtrise et haine. Je prends même plaisir à le distiller par petites touches ou fragrances étouffantes autour de moi. Je ne connais d’autre sentiment que ceux la.
Plus tard, bien plus tard, lorsque je serais prête, je saurais m’entourer, il m’y aidera, et je trouverais le chemin de ce pouvoir. La route qui mène au trône. Je pourrait alors servir mon seigneur et maître dans l’ombre comme je ne l’avais jamais fait auparavant. Car je lui offrirais alors ce monde auquel je n’ai jamais appartenu. Je lui offrirai sur un plateau ce qu’il a toujours désiré, ce qu’il convoite depuis toujours sans jamais avoir réussis à le dominer. Je lui offrirai Kalamaï et toute la vie que cet empire monumental contient. Je lui offrirais le monde. Et il sera fier de moi, sa fille.
En attendant, je ne suis qu’une tueuse, une femme que l’on nomme assassin. Je me déplace dans l’ombre, respire dans l’ombre, survit dans l’ombre, mais surtout je tue dans l’ombre. La lumière est grossière, brute. Elle ne peut contourner les choses, elle s’enfuit en ligne droite et au premier obstacle s’arrête, vaincue. Alors que l’ombre…. Elle s’insinue dans le moindre recoin, se cache pour mieux vous assaillir, vous tourmente, vous entoure alors même que vous pensiez être en pleine clarté. C’est lorsque cette obscurité apparaît soudain que les hommes commencent à avoir peur. Elle s’insinue jusqu’au tréfonds de leur âme pour y insinuer ce qui coûte souvent leur perte : le doute. Car il est fourbe et dévore tout sentiment d’espoir. Petit à petit, l’ombre, si vous ne savez pas l’apprivoiser, la manipuler, vous en servir, vous tueras à petit feu, si ma lame a omis de vous trancher la gorge au passage…. L’ombre est ma mère. Elle me protège, m’entoure de ses bras, me berce lorsque je m’endors.
Je fais partie de la guilde des assassins. Rien de bien étrange à cela. Je suis reconnue dans ce monde, et il est de notoriété publique que lorsque l’on connaît mon nom, et qu’on le prononce un peu trop fort, on ne recommencera jamais. Lailek. Ce mot, personne n’osera plus jamais le prononcer à voix haute. De nos jours déjà, ceux qui le connaissent osent à peine le murmurer dans l’oreille de leur ami. Ils ont peur de moi. Comme de l’ombre. Ils savent. Ils ont entendus les rumeurs.
Je ne suis pas une sauvage. Je tue la plupart du temps sans souffrance inutile. Pour moi, le bruit est une offense à mon dieu. Un assassin se doit d’agir dans le silence le plus complet. Pour ce faire, il lui faut provoquer une mort rapide et certaine. Sans jamais ciller. C’est pour cela que je ne m’embarrasse pas de torture. Je tue, c’est tout. Il n’y a qu’une seule exception à cette règle d’or.
Lorsque mon honneur est atteint. Lorsque l’on offense mon Maître, lorsque l’on offense sa fille. La colère se déversant en moi peut devenir longue, et froide. Et la douleur infligée alors à celui qui aura commis l’impudence de m’insulter, souffrira des mêmes qualificatifs.
C’est de cela dont les hommes ont peur. Enfin, quand je dis les hommes, je parle de toute créature doué d’un tant soit peu d’intelligence. J’ai tué des orcs, des elfes, des mages, des gnomes, des nains, des centaures, des humains bien sur, des fées aussi, et j’en oublie certainement encore beaucoup. Je tue pour le plaisir, pour me nourrir. C’est en cela que je me sert de la guilde des assassin. Je tue, on me paye, je mange. Je pourrais voler, mais je ne m’abaisserais jamais à voler de la nourriture.
A ceux qui disent que je n’ai aucun honneur je répondrais deux choses. La première, c’est que ces personnes ont un avantage certains sur d’autres : ils connaissent la date de leur mort, puisqu’elle est pour (très) bientôt. La seconde, c’est qu’ils se trompent. Un poignard surgit de l’ombre n’est peut être pas ce qu’il y a de plus honorable, mais le résultat est la, et vaut bien une flèche décochée dans le feu d’une bataille."